Activités et entreprises


La réduction des déchets : un enjeu de poids


Agriculture, artisanat, tourisme…

Les activités économiques sur la commune de Manses étaient autrefois essentiellement basées sur l’agriculture, la forêt et un peu d’artisanat. elles se sont depuis bien diversifiées… Mais sans toutefois retrouver le niveau d’activité d’entre les deux guerres quand la population était supérieure à 300 habitants…

Bien sûr, il y a toujours des agriculteurs, presque une dizaine, mais certains habitent à l’extérieur de la commune de Manses, principalement des éleveurs. On compte 3 céréaliers/grandes cultures, 1 éleveur de moutons, 1 éleveur de bovins, 1 éleveur de chevaux… avec pour compléter les revenus des diversifications sur le tourisme.

A noter l’assez grande diversité des professions des autres actifs de la commune : artisanat d’art (tourneur sur bois), professeur, éducateur spécialisé, fonctionnaires territoriaux, comptable, ambulancier, chauffeur, commerçant et même un magicien qui se produit dans la grande région et au Royaume-Uni, sans oublier le tourisme avec des chambres d’hôtes et le gite de Belrepayre.

Deux secteurs économiques sont moins visibles malgré leur importance :

  • La forêt de Bélène est une des plus importantes du département. On ne devine son importance qu’au nombre et à la taille des camions grumiers qui traversent notre village en hiver !
  • L’ISDND de Berbiac (installation de Stockage des Déchets Non Dangereux), accueille la majorité des ordures ménagères du département soit 48.000 tonnes par an. Depuis 1997, beaucoup de progrès ont été réalisés dans son exploitation par le SMECTOM. Là aussi, la partie la plus visible reste les nombreux camions qui acheminent les ordures vers Manses. Nous sommes extrêmement vigilants pour la surveillance de cette installation et nous militons activement pour la réduction des déchets à la source. Chacun de nous doit trier plus et jeter moins pour préserver notre environnement !

Liste des activités et liens :

Gite Belrepayre chez Perry et Coline : www.airstreameurope.com/.airstream/maison-1780-2/.

Fabien et Nathalie Haurat, artisanat d’art -tournage sur bois- objets de décoration, vaisselle en bois, pied de lampe…

Coréo Balfour (clown magicien-spectacle vivant) : www.coreohazzard.com

Isabelle Bergès (élevage de chiens) : www.dardalie.chiens-de-france.com

Raymond Adreit (veaux, vache, agneaux, brebis)

 

Syndicat de traitement des déchets ménagers : www.smectom.fr


SMECTOM : Présentation de Berbiac

La Directrice traitements et développement, Julie Ducos, présente le fonctionnement du site actuel (Berbiac 2015) dans le second vallon aménagé entre novembre 2014 et décembre 2015, qui a été à l’époque le plus gros chantier du département de l’Ariège. Il a représenté 6,4 millions € de travaux ce qui est un apport économique important.
Les déchets ont commencé à y être entreposés le 4 janvier 2016. Son fonctionnement est différent de celui du « vallon 1 », le plan départemental élaboré en 2007-2008 ayant opté pour le principe du bio réacteur. Il consiste à exploiter des casiers plus petits, plus vite remplis, maintenus à un taux d’humidité plus élevé par l’arrosage avec les lixiviats des casiers précédents, fermés de manière étanche plus rapidement pour un captage du biogaz optimal et une neutralisation des déchets fermentescibles plus rapide. Ainsi le vallon 2 sera exploité en 27 casiers (le vallon 1 n’en a comporté que deux, découpés en alvéoles).
Les volumes stockés n’évoluent que très peu à la baisse : ils étaient de l’ordre de 50.000 tonnes/an à la fin des années 90, et restent depuis 2012 à 48.154, 47.989, 48.692, 48.570 tonnes… Des actions de sensibilisation sont développées mais elles ne produisent pas d’effets significatifs. Il est probable qu’il faille attendre la mise en œuvre des bacs individuels, voire d’une tarification incitative.
Le biogaz produit est purifié avant son admission dans le groupe de valorisation (moteur + alternateur) qui produit de façon continue 700 kW de puissance et au total 6,2 millions de kWh par an qui correspondent à la consommation de 500 logements nouvelles normes pour les besoins autres que le chauffage.
La technicienne sécurité, Christel Sauze, présente ensuite le suivi sanitaire des agents du site (ils sont une dizaine par poste encadrement compris) qui est inscrit dans le protocole passé en 2008 entre Manses, Mirepoix, la CCPM et les associations de riverains avec le Smectom pour concrétiser les engagements de sortie de conflit sur Berbiac. Il est effectué en concertation avec le service de médecine préventive du Centre de gestion de l’Ariège.
Jusqu’en 2014 il reposait sur la surveillance de l’exposition professionnelle des employés et l’évaluation quantitative des risques sanitaires. En 2015 et 2016 on est passé à une étude GEH (groupe d’exposition homogène). Les agents portent des capteurs sur eux qui quantifient l’exposition à certains polluants chimiques (poussières, gaz, métaux…) ou biologiques (moisissures, bactéries, endotoxines).
Les résultats des prélèvements sont inférieurs aux valeurs limites d’exposition ou aux valeurs guides pour 10 paramètres analysés. Seul le paramètre moisissures dépasse la valeur guide pour le groupe d’agents à l’étalement compactage.
La conclusion est l’absence d’exposition professionnelle significative des agents aux polluants.
Mais un groupe de travail est chargé de définir les interventions à réaliser sur les climatisations des engins qui sont la source de ces moisissures.
À l’issue de cette présentation un échange avec la salle porte sur de nombreuses questions posées sur le volume des déchets et la responsabilité des industriels et des distributeurs qui utilisent des emballages énormes pour des matériels minuscules, sur la connaissance des éventuelles fuites dans les membranes géotextiles, sur la gestion des effluents liquides, sur la stabilité des sols suite aux travaux du vallon 2, sur les odeurs et sur le bruit que certains entendent de nuit…

Manses 4 novembre 2016

BERBIAC : 7 ans de Biosurveillance Environnementale

Le Docteur Marine Saint-Denis, Dr en Ecotoxicologie, cogérante du bureau d’études Bio-Tox, a rappelé que la surveillance des installations de stockage des déchets (arrêtés du 09/09/1997 et du 15/02/2016)  porte sur l’analyse chimique des rejets aqueux (eaux souterraines, lixiviats et eaux de ruissellement) et des rejets gazeux (biogaz) uniquement.
En 2008, la convention passée entre le Smectom et les collectivités locales de Manses, Mirepoix, communauté de communes et les associations de riverains a inclus la mise en œuvre d’une surveillance extra réglementaire pour mesurer l’impact potentiel de l’activité sur des organismes vivants. Le suivi réglementaire consiste en effet à vérifier qu’un certain nombre de paramètres respectent des valeurs réglementaires fixées. Cette approche basée sur la chimie présente des limites, par exemple toutes les substances susceptibles d’être présentes ne sont pas réglementées, et leur effet combiné n’est pas pris en compte. Au contraire des études sur des organismes vivants permettent d’évaluer l’impact réel de toutes les substances présentes sous forme de mélanges, ainsi que leur biodisponibilité.
Bio-Tox a proposé et réalisé des essais portant sur les sols, les sédiments (pour le suivi des eaux) et l’air. L’étude des eaux n’est pas possible à cause de la sécheresse estivale des deux ruisseaux qui traversent ou voisinent le site et dans lesquels les effluents liquides pourraient être évacués accidentellement. C’est donc sur les sédiments prélevés dans le lit de ces ruisseaux que les essais ont porté.
De 2009 à 2015, il y a eu six points de prélèvement de sol, quatre points de prélèvement des sédiments (en amont et en aval du rejet du site dans le Millas, et en amont et en aval du rejet du Millas dans le Bessous) et quatre points de prélèvements de lichens qui sont les récepteurs des pollutions de l’air positionnés en référence à la rose des vents. (visuel 8)
Avec la nouvelle installation en 2016, deux des points de prélèvement de sol ont été déplacés de l’ancien vallon à proximité du nouveau et le point amont du Millas a été porté plus en amont du nouveau vallon. (visuel 9)
Les essais sur l’air sont basés sur l’analyse des lichens (association algues et champignons) reconnus comme des organismes sentinelles réagissant aux modifications de fond de la qualité atmosphérique et ayant une capacité d’accumulation dans le temps.
Ils permettent : un diagnostic global de la qualité de l’air (étude de flore) et des analyses chimiques des dioxines et furanes (PCDD/F) et des métaux et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). (visuels 10 à 14)
Les deux études de la flore en 2009 et 2014 montrent une qualité de l’air qui n’est pas plus impactée par l’activité du site que par la présence d’habitations et le trafic routier.
Les prélèvements de sols font l’objet d’essais sur des organismes vivants tels le ver de terreau, les daphnies et des bactéries. Le résultat visible sur le document projeté pendant le réunion et joint en PDF conclue à l’absence de pollution sur 5 des 6 points de prélèvements et peu ou pas pollué sur le 6ème. (visuel 16)
L’essai de génotoxicité (visuel 17) conclue à l’absence d’effet génotoxique.
Les prélèvements de sédiments montrent l’absence d’impact du site (visuel 18).

CONCLUSION :
La synthèse des résultats de sept années de suivi par Bio-Tox (visuel 19) est donc rassurante pour les riverains du site.
La présence du site peut occasionner de la gêne en termes d’odeurs ou de bruits qu’il convient de traiter pour la tranquillité des habitants des communes voisines, mais les études écotoxicologiques et la biosurveillance montrent l’absence d’impact du site sur son environnement immédiat entre 2009 et 2016.
L’importance de ces essais pour l’activité traitement des déchets,  jusque là uniquement contrôlée par rapport  à la réglementation des composés chimiques, donnera lieu à publication scientifique.

Manses 4 novembre 2016.